Les États-Unis ont annoncé l’imposition de nouveaux droits de douane sur certaines exportations canadiennes, ajoutant ainsi une pression financière supplémentaire à des entreprises déjà aux prises avec des taux d’intérêt élevés, l’inflation et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Bien que le Canada et les États-Unis aient convenu le 3 février de retarder l’imposition de leurs droits de douane respectifs sur les produits importés, Président Trump a récemment annoncé qu’ils entreront en vigueur la semaine prochaine.
Pour les entreprises canadiennes qui dépendent du commerce avec les États-Unis, ces tarifs douaniers pourraient avoir un impact significatif sur les revenus, augmenter les coûts et même pousser certaines d’entre elles vers l’insolvabilité.
Comprendre les nouveaux tarifs et leur impact
Les droits de douane américains sont conçus pour protéger les industries nationales, mais ils sont souvent appliqués aux dépens des fournisseurs étrangers, en l’occurrence les exportateurs canadiens. Des secteurs tels que l’industrie manufacturière, l’agriculture et les ressources naturelles pourraient subir de fortes augmentations de prix, ce qui les empêcherait d’être compétitifs sur le marché américain. Même les entreprises qui n’exportent pas directement vers les États-Unis pourraient être touchées par l’augmentation des coûts des matières premières ou la réduction de la demande des fournisseurs concernés.
Pour de nombreuses entreprises canadiennes, ces droits de douane pourraient :
Réduire les marges bénéficiaires
Les entreprises devront absorber des coûts plus élevés ou les répercuter sur les consommateurs, ce qui rendra leurs produits moins compétitifs.
Perturber les chaînes d’approvisionnement
Les droits de douane sur les importations et les exportations essentielles peuvent obliger les entreprises à chercher d’autres fournisseurs à des prix plus élevés.
Réduire la demande américaine de produits canadiens
Si les acheteurs américains cherchent ailleurs des options moins chères, les entreprises canadiennes risquent de voir leurs ventes diminuer.
Quelles sont les entreprises les plus menacées ?
L’impact de ces droits de douane ne sera pas réparti uniformément entre les secteurs d’activité. Les entreprises les plus exposées sont les suivantes :
Les fabricants
En particulier ceux des secteurs de l’acier, de l’aluminium et de l’automobile, qui ont été ciblés dans des conflits tarifaires antérieurs.
Agriculture et transformation des aliments
Si les droits de douane entraînent une hausse des coûts des produits agricoles canadiens, les agriculteurs et les entreprises de transformation des aliments pourraient avoir du mal à rester compétitifs.
Bois de construction et sylviculture
Les droits de douane sur le bois d’œuvre ont toujours été un sujet de discorde entre le Canada et les États-Unis, et de nouveaux droits de douane pourraient nuire davantage à une industrie déjà confrontée à une demande fluctuante et à des défis environnementaux.
Détaillants et grossistes
Les entreprises qui dépendent des importations américaines pourraient voir leurs coûts augmenter, ce qui entraînerait une réduction des marges bénéficiaires et des dépenses de consommation.
Les petites et moyennes entreprises (PME) pourraient être les plus durement touchées, car elles n’ont souvent pas les réserves financières dont disposent les grandes entreprises pour résister aux chocs économiques soudains. Faute de réserves de trésorerie suffisantes ou d’accès à des crédits abordables, les PME risquent de se retrouver en situation de détresse financière beaucoup plus rapidement. De plus, « le plus grand impact de la hausse des tarifs douaniers sera la suppression d’emplois« .
Signes précurseurs de l’insolvabilité d’une entreprise
Pour les entreprises canadiennes qui traversent cette période d’incertitude, il est essentiel de reconnaître les signes de détresse financière avant que l’insolvabilité ne devienne inévitable. Les signes précurseurs sont les suivants
Diminution du flux de trésorerie
Difficulté à couvrir les dépenses d’exploitation en raison d’une baisse des revenus ou d’une augmentation des coûts.
Augmentation du niveau d’endettement
Recours au crédit pour faire face aux obligations financières.
Retards de paiement des fournisseurs ou des salaires
Paiements manquants aux fournisseurs ou aux employés.
Augmentation des charges d’intérêt
Difficulté à honorer les remboursements de prêts en raison de l’augmentation des coûts d’emprunt.
Si une entreprise présente ces signes avant-coureurs, une restructuration financière proactive peut s’avérer nécessaire pour éviter l’insolvabilité.
Comment les entreprises peuvent-elles atténuer l’impact des tarifs douaniers ?
Bien que les tarifs douaniers représentent un défi de taille, les entreprises canadiennes peuvent prendre des mesures proactives pour réduire leurs risques financiers :
Diversifier les marchés
L’expansion sur les marchés européens ou asiatiques grâce à des accords commerciaux tels que l’AECG et le PTPGP peut réduire la dépendance à l’égard des ventes américaines.
Négocier des contrats d’approvisionnement
Bloquer des prix stables pour les matières premières ou négocier de meilleures conditions avec les fournisseurs peut aider à atténuer la hausse des coûts.
Explorer d’autres fournisseurs
Réduire la dépendance à l’égard des importations américaines peut protéger les entreprises de la volatilité des prix.
Améliorer la planification financière
L’analyse des flux de trésorerie et les tests de résistance des scénarios financiers peuvent aider les entreprises à se préparer à d’éventuelles pertes de revenus.
Bien que les nouveaux tarifs douaniers américains représentent un défi de taille pour les entreprises canadiennes, une gestion financière et une planification stratégique proactives peuvent les aider à en supporter l’impact. Si vous vous préoccupez des répercussions que ces changements pourraient avoir sur votre entreprise, il est temps d’explorer vos options et de protéger votre avenir financier